Retour en images :
projection du film réalisé par les élèves du lycée Jules Siegfried au cinéma Le Sirius


Un projet encadré par Cécile Patingre, réalisatrice intervenante.
Mobiliser des élèves autour d’un tel projet, sans distinction de niveau crée une véritable cohésion du groupe et engage les élèves dans un travail qui sort des cadres de l’enseignement traditionnel : leur responsabilité, leur autonomie se construisent progressivement autour d’un objet qu’ils élaborent de concert, et où chacun peut trouver sa place, avec la certitude d’y trouver une valorisation collective et personnelle. Ils apprennent également à construire un dialogue avec les professionnels qui les entourent, où le “faire ensemble” prime, dans une relation durable puisqu’elle est reconduite chaque année.
L’élaboration d’un objet cinématographique, pour la plupart d’entre eux, ne va pas de soi, dans le concept même : ils découvrent que l’image cinématographique est l’objet d’une construction, d’une réflexion, qu’un récit est exigeant, que la réalisation repose sur des techniques, des méthodes, du discernement et de l’application. Ce recul sur la production de l’image est essentiel à leur construction intellectuelle et leur rapport au monde, à l’heure des
fakes-news, des storytelling manipulateurs, des captations brutales et du grand défilement vertical des représentations vides de soi.
L’ensemble des équipes pédagogiques a pu mesurer les effets positifs d’un tel projet sur les élèves, qui a rayonné dans bien des matières par la maturité qu’il a généré. A l’échelle de l’établissement, le projet a également rayonné : élèves et collègues sont de plus en plus nombreux à assister à la projection du Festival, et à celle organisée au lycée.
Technologiquement outre, la maturation d’un “parcours cinéma” offert aux élèves des lycées général, technologique et professionnel, adossé à l’ouverture de la coloration audiovisuelle du Bac pro CIEL. Ce parcours verra le jour à la rentrée 2026. Enfin, il est important aussi de noter que de tels projets favorisent des vocations : une quinzaine d’élèves ayant participé au projet ces trois dernières années envisagent des études liées au métier du cinéma. Ils font éclore aussi des intérêts et des passions : nombreux sont ceux qui, désormais, fréquentent les salles de cinéma, et même, lisent des livres…pour les enseignants porteurs du projet, le pari est gagné.
Anne Marilly, professeure de lettres et membre du conseil d’administration de Havre de Cinéma
Il est des expériences précieuses et heureuses que l’on garde en soi comme une ressource pour affronter un monde devenu trop brutal. Le cinéma, annonce Godard en ouverture du Mépris, substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs. J’ai fait du cinéma pour vivre cette possibilité d’une bulle à soi, où avec quelques partenaires d’élection se fabrique en harmonie parfaite, tous les possibles. Cette harmonie fut le moteur
durant les quatre années de mes interventions au lycée Jules Siegfried, en compagnie d’élèves qui par leur curiosité, leur intelligence, leur créativité n’ont jamais cessé de me surprendre. J’ai été émerveillée de leur audace à s’emparer d’une aventure artistique exigeante, chaque fois lancée comme un nouveau défi par une troupe d’enseignants géniaux, généreux et ambitieux pour leurs élèves. Ensemble, nous avons partagé une énergie belle et folle pour faire advenir quelque chose qui restera durablement dans ma mémoire ; et je les en remercie.
Cécile Patingre, réalisatrice, membre du conseil d’administration de Havre de Cinéma
Quelques témoignages de membres du conseil d'administration présents lors de la projection du film au Sirius :
"Cette réalisation m’a enthousiasmée.
Pourquoi ?
La proposition du Goût des Autres a été transcendée. Le choix de Raymond Queneau, choix pointu, exigeant, a été maîtrisé, respecté, et le film rend bien compte de son univers alliant délire, fantaisie et rigueur. La maîtrise de l’écriture et des références cinématographiques, l’implication d’une équipe dynamique, volontaire et passionnée réunissant élèves, professeurs, personnel administratif, professionnels du cinéma ont produit un travail sérieux, remarquable. Les élèves, les encadrants et les destinataires ont appris beaucoup !
La preuve, s’il en est, que l’on peut, quand on nous en donne les moyens, inscrire le rêve dans une réalité parfois revêche."
Danièle Gomez
"Au delà de la qualité du film, j'ai beaucoup apprécié la complicité entre tous les membres de l'équipe de tournage.
L'implication de l'équipe pédagogique et l'investissement des lycéens sont ici remarquables.
Merci à toi Cécile pour ce moment chaleureux."
Véronique Servel
" Le festival Le Goût de Autres collabore depuis 4 ans avec l'association Havre de Cinéma.
Chaque année, Cécile Patingre, réalisatrice, se passionne pour ce projet de réalisation de films avec des élèves et professeurs du lycée professionnel Jules Siegfried.
Une grande confiance et complicité entre la réalisatrice, les professeurs et des lycéens très motivés, ont abouti à la réalisation d'un beau film, exigeant,, maitrisé de bout en bout: mise en scène, jeu, éclairage, musique...
Quel bonheur d'écouter tous ces jeunes parler de LEUR film avec fierté et intelligence.
Un grand bravo à Cécile, Anne, Camille Denis, Gwenaël Toulouzan et les élèves, pour ce magnifique travail artistique "
Ginet Dislaire
" Doukituedonktan ?, film réalisé par les élèves de trois niveaux scolaires du lycée Jules Siegfried, a su mobiliser un large public et remplir la grande salle du cinéma Le Sirius. Accompagnés par l’équipe pédagogique et artistique (Camille Denis, Anne Marilly, Gwenaël Toulouzan et Cécile Patingre), les lycéens ont présenté un travail sérieux et ambitieux, porté par un véritable enthousiasme et une fierté visible. La cinématographie propose des plans évoquant l’univers des films noirs, de David Lynch, Hitchcock, tandis que le scénario, écrit en soutien avec Brice Martin, nous plonge dans une enquête mystérieuse traversant l’œuvre de ce bon vieux Raymond Queneau.
Un projet riche révélant de futurs cinéastes ou d’acteurs !"
Anne-Justine Enzensommer et Florent Le Morvan










